le manifeste de
l’Association Antoine Alléno
1.
Nous choisissons de nommer
la réalité
de la violence
routière

Parce que nommer, c’est comprendre ; et comprendre, c’est se donner les moyens d’agir.
2.
Nous croyons que la sécurité sur les routes n’est pas une option, mais une responsabilité collective.

C’est pourquoi nous œuvrons pour une évolution durable des mentalités, des comportements et du cadre juridique.
3.
Nous soutenons les familles et proches de victimes

en leur apportant accompagnement, écoute et information, et en luttant contre l’isolement auquel elles sont trop souvent confrontées. Nous voulons les faire sortir de l’invisibilité afin que la réponse judiciaire et sociétale soit à la hauteur des préjudices subis.
4.
Nous mobilisons l’ensemble de la société

– pouvoirs publics, entreprises, chercheurs… – pour développer tous moyens de lutte contre la violence routière, en particulier l’innovation technologique, nouvel horizon pour sauver des vies.
20 000
morts et blessés graves PAR AN
En un demi-siècle, la sécurité sur les routes s’est améliorée de manière considérable. Un pic avait été atteint en France avec 18 000 morts en 1972 :
un choc et une prise de conscience.
Dans les années 1970, la politique de sécurité routière s’organise. Amélioration des infrastructures et de la sécurité des véhicules, campagnes de prévention, règles de comportement plus strictes : la mortalité chute drastiquement, divisée par six en 40 ans.
Mais depuis une dizaine d’années, le seuil des 3 000 morts par an sur les routes de France – auxquels s’ajoutent des milliers de blessés graves – ressemble à un « plancher de verre ». Nous voulons le briser.
l’évolution du nombre de morts et de blessés graves en France
Source : ONISR

2025 
3 513
TUÉS
2024 
3 446
TUÉS
2023 
3 398
TUÉS
2022 
3 550
TUÉS
2021 
3 219
TUÉS
2020 
2 780
TUÉS
2019 
3498
TUÉS
2018 
3 488
TUÉS
2017 
3 692
TUÉS
2016 
3 730
TUÉS
2015 
3 687
TUÉS
2014 
3 646
TUÉS
2013 
3 495
TUÉS
2012 
3 936
TUÉS
2011 
4 197
TUÉS
2010
4 273
TUÉS

2025 
16 565
blessés graves
2024 
15 924
blessés graves
2023 
15 936
blessés graves
2022 
15 956
blessés graves
2021
15 944
blessés graves
2020
13 337
blessés graves
2019 
16 248
blessés graves
2018 
16 104
blessés graves
2017 
16 887
blessés graves
2016 
16 773
blessés graves
2015 
16 355
blessés graves
2014 
16 496
blessés graves
2013 
15 841
blessés graves
2012 
16 764
blessés graves
2011 
18 682
blessés graves
2010
19 193
blessés graves
les chiffres clés
de la sécurité routière
50 milliards €
coût de l’insécurité routière 2,2 % du PIB

1re cause
de mortalité
chez les moins de 30 ans

71 % des décès
impliquent une voiture
Facteurs
d’accidents mortels

liés à la vitesse

liés à l’alcool

liés aux distracteurs

liés aux stupéfiants
Source : ONISR
pourquoi nous parlons
de violence routière et non d’accidents de la route
L’insécurité routière représente un coût humain et économique colossal. Pour que les choses changent, et si nous commencions par mieux nommer la réalité ?
Parler d’« accidents de la route » revient à suggérer l’imprévisible, la malchance, une fatalité contre laquelle on ne pourrait rien. C’est une vision trompeuse et dangereuse. Les « accidents » ne sont, dans l’immense majorité des cas, ni fortuits ni inévitables. Ils résultent de choix humains : vitesse excessive, consommation d’alcool ou de stupéfiants, usage du téléphone au volant, non-respect des règles de sécurité routière, infrastructures ou véhicules inadaptés. Parler de « violence routière » et non d’« accidents de la route », c’est commencer à mettre chacun devant la responsabilité de ses choix.
Le mot « violence » n’est pas excessif. Il souligne que des comportements mettent délibérément des vies en danger et causent des dommages graves, parfois irréversibles.
Il affirme que ces actes s’inscrivent dans un rapport de force, où les plus vulnérables – piétons, cyclistes, enfants, personnes âgées –paient le prix fort. En changeant les mots, on change le regard : on cesse de se dédouaner pour interroger les décisions individuelles et collectives.
Reconnaître la violence routière, c’est aussi assurer que des solutions existent. Des politiques publiques efficaces, une application rigoureuse des règles, une conception plus sûre des routes et des véhicules, une culture du respect peuvent réduire drastiquement le nombre de victimes. Là où l’on parle de fatalité, on se résigne ; là où l’on parle de violence, on réagit.

